Contact – Textes – CV

Contact:

galerie.rezeda@gmail.com

 

La Malterie

42 Rue Kuhlmann, 59000 Lille

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Julien Verhaeghe // Déplacer l’idée de représentation // 2018

Composé de deux artistes, Adeline Duquennoy et Manuel Reynaud, le binôme Galerie Rezeda élabore une pratique plurielle qui interroge les modes de restitution d’un paysage ou d’un territoire spécifique. À l’occasion de projets les ayant conduits en divers lieux géographiques, parfois à l’étranger, comme lorsqu’ils se rendent au Mexique ou au Maroc, les deux artistes entreprennent ce travail de restitution non pas en reproduisant littéralement la réalité supposée d’un territoire, mais en adoptant une dynamique discursive et productive. En effet, partant du principe que toute géographie est traversée par un ensemble d’échanges complexes et volatiles, considérant d’une certaine façon que les procédés de représentation traditionnels sont inadaptés lorsqu’il s’agit de déchiffrer de tels espaces, Galerie Rezeda élabore des projets organisés en plusieurs strates qui s’imbriquent et se superposent, de manière à composer une sorte de cartographie d’éléments en interaction. Ainsi, outre le passage par le dessin, la vidéo ou l’installation, les deux artistes mettent en place des interventions in situ, des déplacements et des échanges afin de rendre compte, dans une certaine mesure, des savoirs ou des représentations qui s’érigent, se transmettent et se succèdent, mais également des structures, des configurations ou des édifices qui se bâtissent et se délitent au sein d’un même territoire. Une attention particulière est accordée, pour cela, aux notions de pratique et de production. En premier lieu, parce que c’est ce qui leur permet d’investir le caractère changeant et évolutif de tout espace ou paysage. En second lieu, car ces deux notions, en renvoyant à une expérience immédiate et agissante, soulignent une interaction réelle entre des acteurs et leur milieu, de telle sorte que le projet de restituer un espace ou un territoire peut être relayé par la possibilité de s’en imprégner, de l’éprouver, d’agir sur lui, induisant du même coup une dimension vivante, sinon sensible, de ce même espace. Par la même occasion, rappelant que la pratique et la production supposent, en vue de surmonter la dichotomie entre captation et restitution, l’assimilation de plusieurs ordres – le perçu, le vécu et le conçu, pour reprendre les termes d’Henri Lefebvre –, on relève que les projets de Galerie Rezeda s’appuient, le plus souvent, sur des matériaux qui, s’ils sont issus du lieu-même, développent globalement une sémantique de l’assemblage, de l’impermanence, voire de la précarité, comme pour stimuler une logique de la construction qui serait toujours en devenir. De même, la fabrication d’éléments modulaires est à cet égard particulièrement symptomatique : utilisés comme des balises délimitant des territoires ou des trajectoires, non seulement sont-ils assemblés et disposés de façon plus ou moins arbitraires dans ces espaces, aussi sont-ils soumis à des lectures, des utilisations ou des interprétations divergentes de la part de ceux qui les rencontrent, affirmant le caractère incertain et circonstanciel de toute entreprise visant à borner, voire à définir, un espace donné. En conséquence, les différents projets de Galerie Rezeda ne se perçoivent pas simplement comme des traces du réel venues ponctuer un certain type d’expérience. Si c’était le cas, ils ne s’inscriraient que dans la captation seule. Ils se présentent aussi et surtout comme des moyens de disposer de ce même réel, de l’étirer ou de le prolonger, de même que la sémantique de la carte, omniprésente dans leurs travaux, permet de déplacer l’idée de représentation en soulignant le jeu des possibles et des virtualités dans tout rapport au réel. Le plus essentiel, au final, étant de ne pas considérer l’espace, le territoire ou le paysage comme une donnée inamovible, mais comme une réalité qui reste continuellement à produire.

 

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Texte sur la résidence à Casa Proal (Mexique) par Gilles A. Tiberghien:

On trouve dans le paysage quantité de ce que les américains appellent des Landmarks, des sortes de points remarquables qui permettent de se repérer. Certains sont naturels, d’autres construits par les hommes. Ils figurent souvent sur les cartes sous forme de différents symboles. L’artiste Robert Smithson observant la carte du Yucatan les comparait à des traces ou à des déjections animales.

Le collectif Galerie Rezeda qui comprend deux artistes, Adeline Duquennoy et Manuel Reynaud, s’intéresse particulièrement à ces phénomènes et à leur représentation cartographique. Leur travail consiste à inventer des balises qu’ils déplacent, en écho avec le territoire sur lequel ils les construisent, pas seulement pour le signifier mais aussi, d’une certaine façon, pour le matérialiser.

Ainsi ont-ils réalisé, avec des menuisiers de la région, une charrette et une brouette ; la première est comme un meuble mobile à plateaux coulissants sur lesquels est posé un ensemble de pictogrammes peints sur papiers (rappelant la sauterelle du métro Chapultepec à Mexico) – dont certains ont aussi été fait en bois – signifiant des éléments naturels que l’on trouve autour de San Rafael. La seconde est une étrange brouette dont la taille et la forme rappellent un peu un pétrin. Elle sert à transporter, lorsque les artistes se déplacent avec, les balises construites de façon combinatoire à partir de tubes, de cubes et de disques en s’inspirant d’éléments architecturaux locaux. À leur sommet est planté un fanion arborant un motif brodé, un cactus stylisé, par exemple. Adeline Duquennoy et Manuel Reynaud en ont fabriqué une trentaine. En se déplaçant, ces deux dispositifs semblent redistribuer les particularités du territoire et contaminent ainsi géographie et cartographie artistique en ouvrant une zone nomade où peut s’engouffrer l’imaginaire même des habitants.

Dans un pays où l’on compte autour de 30% d’analphabètes dans la population indigène, pour 7,7 % dans tout le Mexique, ce travail prend un sens à la fois politique et artistique en donnant à des réalités locales la dimension d’un rêve territorial accessible à tous.

Gilles A. Tiberghien, mai 2016

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Texte du catalogue d’exposition L 442-1 par Lucille Dautriche:

Bricoleurs de paysages, observateurs d’espaces

A travers un travail méticuleux de décodage du paysage, Galerie Rezeda joue à recomposer les mutations du monde. Attirés par les imageries anciennes des manuels scolaires et livrets d’apprentissage, leur esthétique est empreinte d’attributs ludiques. On sent chez eux l’envie de nous simplifier la vue mais aussi de nous faire mieux pratiquer le paysage.
En premier lieu, lorsqu’ils abordent un territoire, ils s’appliquent à en observer les formes, les contours, les structures : comment les objets, la nature, les maisons habitent-ils l’espace ? De quel manière le paysage évolue t-il ? Quelle est l’histoire urbanistique de cette ville ? A l’aide de cartes et de documentations diverses ils implantent leur oeil dans l’espace qui leur est offert. A partir de ce recueil d’informations – sorte de phase sociologique – ils synthétisent et codifient les éléments jusqu’à l’obtention d’une banque de données de couleurs et de formes. De cette matière issue du paysage et devenue quasiment abstraite, ils opèrent un virage à 180° vers la fiction : le ré-agencement du réel. Ce processus les conduit à pouvoir créer leurs propres règles de jeux. Repositionnable à souhait, cette démarche globale a pour titre (Ré)animation du paysage et les deux grands principes de création qui en découlent sont: Dessins augmentés et Model 3D.
A travers les projets de Dessins augmentés, ils travaillent les combinaisons entre dessins, objets, papiers découpés et mapping vidéo. Surgissent de ces associations des sortes de tableaux animés montrant des extraits d’architectures, de chantier, de circulation. Ils transposent ainsi le territoire qu’ils ont parcouru en un espace à regarder. Dans une simplicité de moyens, la géométrie chaleureuse de leur installation pose un regard ludique sur la géographie. Elle place le spectateur dans un regard actif ; en prise avec les mutations.
Model 3D, c’est la construction de paysages miniatures, constitués de balises dessinées et déplaçables sur un plateau en bois. Exposé tel quel et/ou support de films d’animations conçus image par image, ce travail réinvestit le réel à échelle réduite. A l’image de jeux populaire, le public est parfois invité à déplacer les balises de cette oeuvre-jeu afin de créer son propre paysage. Utilisant l’anamorphose et les atouts de la perspective, c’est un jeu pour l’oeil qui mine de rien prend racine dans une lignée plus politique : bouger les balises c’est de manière symbolique le pouvoir de décider de son territoire.
La plupart de leur projet, en plus d’un travail d’observation du territoire, est accompagné d’une participation des habitants. Même si celui-ci est réalisé dans le cadre d’une résidence avec enjeu de médiation, il ne s’agit nullement pour eux d’une contrainte. A l’instar des boîtes de jeux conçus par les artistes Fluxus et du travail de certains designers, les dimensions humaines et pédagogiques accompagnent leur processus artistique. Par exemple, lors de cette résidence à Grande-Synthe, ils créent des pancartes mobiles à écran transparent afin que des habitants dessinent à main levée les paysages qu’ils parcourent. Dans cette même préoccupation d’extension de l’art à un rôle éducatif, on relève leur intention de réaliser un exemplaire de Model 3D qui soit transportable et manipulable par des publics divers.
Pour Galerie Rezeda, l’artiste est catalyseur d’imaginaire et participe à la fabrication de formes collectives de vie en société. A travers cette intention d’organiser le jeu et de créer des outils en faveur du regard, réside la conviction que l’art, en renouant avec une certaine innocence enfantine, peut être vecteur d’impulsion créatrice, de renouveau social. Ainsi pourvu de générosité et d’optimisme, ce duo chemine dans l’art à la manière d’un langage en kyrielle, créant des connexions poétiques là où le monde est raisonné. Marabout-bout de ficelle-selle de cheval… Si on connaît tous la suite de cette comptine, on a aussi hâte de découvrir leurs prochaines oeuvres.

Lucille Dautriche, février 2014

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CV

Galerie Rezeda

Adeline Duquennoy  & Manuel Reynaud

Lille­ / France

EXPOSITIONS (sélection)

Formats à l’italienne 9, Espace Le Carré, Espace Municipal d’Art Contemporain, Lille, Septembre/octobre 2018

–  Subliminaloops#5, Carbone 18, cité du Design, Saint-Etienne, mai 2018

– Levée des plans, dépôt des formes, Espace Culture, Université de Lille Cité scientifique, Villeneuve d’Ascq, 2018

Subliminaloops #4 a la Morinerie à St-Pierre des Corps (Tours). Octobre 2017

– Ground Test Facilities, The Space, Hastings, Grande Bretagne, juillet 2017

Subliminaloops #3, exposition collective, Nantes, mai 2017

Les Transversales , exposition collective,  Le Garage, Crest, mars 2017

Soft, sur une invitation de Anne-Émilie PHILIPPE, Le Verlaine, Lille, mars 2017

Dessin augmenté #ASSI, L’Alternative, Baie-Commeau, Québec, septembre 2016

Oficios e instintos, exposition collective, commissaire Víctor Palacios, Casa Del Lago, Mexico, juin 2016

Balizas y Cartografia, Casa Belin, San Rafael, Mexique, mai 2016

Dessin augmenté #ASSI, Maison de la culture Roland-Jomphe, Havre-Saint-  Pierre, Québec, avril / juin 2016

Balises et Cartographie, Canopé / le Local, Poitiers, novembre / ­décembre 2015

Dessin augmenté #ASSI, Panache Art Actuel, Sept-­îles, Canada, octobre 2015

Model 3D, La Galeru, Fontenay-­sous-­Bois,  2015

Couleurs, exposition collective,Galerie Robespierre, Grande­Synthe, janvier 2015

Subliminaloops 2, exposition collective, commissaires Nicolas Gaillardon &  Sengthe Vanh Bouapha, Artéfacts, Orléans, octobre / novembre 2014

L 442­1, Galerie Robespierre,Grande­Synthe, février 2014

Bivouac #3, exposition collective, commissaire Collectif Bivouac Le 108 et la  Véranda,Orléans, Avril 2013

Babelles, exposition collective, commissaire Galerie Rezeda, Façad’Art, La  Madeleine,Mars 2013

Model 3D, Lille Fantastic, Lille 3000, La Madeleine, 2012

 RESIDENCES

– Atelier Wicar, Rome, Italie, septembre à décembre 2017

– The Space, Hastings, Grande Bretagne, juillet 2017

– Institut Français du Maroc, Kénitra, Maroc, avril 2017

-Casa Proal, San Rafael, Mexique, février à mai 2016

-Panache art actuel, Sept-­Iles, Canada, octobre 2015

-En Attendant les Cerises Production, Poitiers, avril juillet 2015

-APEFIM La Fabrique, Caen, février 2015

-Frûctose, Dunkerque, juin et octobre 2014

-Galerie Robespierre, Grande-­Synthe, de novembre 2013 à février 2014

INTERVENTIONS / COMMISSARIATS / CONFÉRENCES/ PUBLICATIONS(sélection)

– Workshop et conférence, classe préparatoire de l’école d’Art de Calais, 2017

– Carte blanche visuelle, revue Facettes, décembre 2016

Dessin Augmenté Live, workshop et conférence, Ecole Européenne Supérieure de l’Image, Poitiers, décembre 2015

Les Assemblées, commissariat, Bourse du travail, Valence, juin ­septembre 2015

DDE, Un répertoire de formes, Carte blanche commissariat, Poitiers, Mai 2015

Station Escalette, intervention CM2, Mouvaux. Avec Archiae architectes, mars 2015

Participation et urbanisme , workshop et conférence, Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale, juin 2014

Arpenteurs même pas peur!, intervention Crèche La Passerelle, Fismes, juin 2014

Rêvons notre nouveau quartier, publication, avec Atelier Müesli, 2013

De la performance et des dispositifs: Entretien avec Yroyto,Turbulences Vidéos #73, 2011

System Méta, entretient avec Anthelme Lee, revue 50°Nord #2, 2011

 

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